Je vais analyser le poème Mille et une nuit de concert publié sur la LH par Nicolas Besson le 16/12/24, qui outre le fait que ce soit le poème 32 posté sur la LH 23 (ce que je trouve déjà assez marrant), me parle particulièrement.
Ce poète de grande renommée nous propose cette fois-ci un poème de forme classique contenant sept quatrains (strophes de quatre octosyllabes avec des rimes suivies). Quel choix audacieux dans ce journal qui laisse pourtant une liberté de la forme totale à ses contributeurs !
On peut comprendre ce choix stylistique, en le reliant à l'événement déclencheur de son écriture : un concert des OPS. Sachant cela, on ne peut qu'apprécier les rimes et les mélodies implicites dans ce texte. En effet, ces octosyllabes ne sont pas sans rappeler la division en triples croches des mélodies écoutées dans Scheherazade.
On remarque 3 grandes parties dans le travail de l'auteur, qui montre comment l'orchestre réussit à faire voyager le spectateur.
Premièrement, monsieur Besson nous informe de son arrivée sur place, dans la salle de concert (2 premières strophes). Dans les 2 suivantes, il nous fait part du démarrage de l'orchestre, et on y remarque le champ lexical du concert : "flutistes", "morceaux", "Harmonique", "lumières", "scène", "notes", "mélodie", "danse". Il met ici en scène une opposition entre les musiciens, actifs (qui sont soit "trépidants d'impatience" soit "plongés dans la danse"), face aux spectateurs, ayant une "terrible assise".
Mais rapidement, dans la troisième partie, les musiciens réussissent à transmettre des émotions, une histoire, et à ce champ lexical technique se substitue (ou, plus exactement, s'entremêle) celui du conte. L'orchestre se réveille et prend enfin vie, d'où la personnification des "sons" :
"Ces sons m'offrent la terre entière."
L'auteur, subjugué par tant de beauté et d'émotions, nous montre peut-être qu'il aurait voulu pouvoir rester dans ce monde fantastique avec ce dernier vers très profond :
"Je voudrais un tapis volant".
Merci Nicolas de nous faire partager tes voyages. Je ne pourrai conclure que par cette remarque : Ça fait réfléchir.
Ton plus grand fan, Lucas